mardi 19 avril 2005

Première virée : 1800 km

Vendredi 16 heures 30. El Azul piaffe dans le garage donc le portail s'ouvre enfin sur la route. Un rayon de soleil et je décide de partir sans combi, ni autres fanfreluches. La pluie ne me fait pas peur, je suis une vraie une dure une pure !

Ma monture et moi avons rendez-vous à Nantes pour une soirée entre gens de bonne compagnie. Il ne s'agit pas d'être en retard. Il ne s'agit pas non plus de perdre du temps avec la maréchaussée ni de perdre un permis si chèrement obtenu !! Le soleil joue à cache cache dans les nuages mais il ne pleut pas. Orléans, puis autoroute. Tours où j'apprends que pour aller à Angers, il faut suivre la direction de Saumur. Leçon à 30 minutes de perdues. Je longe enfin les bords de Loire par une route bien revêtue et sinueuse. Je croise un camion la cabine 6 mètres plus bas et le cul sur la route !! puis la pluie. Je ne m'arrête pas pour enfiler la combinaison et mettre les protections étanches des sacoches : déjà trop de temps de perdu et je n'aime pas être en retard.

L'approche d'Angers se fait sous la pluie, de plus en plus forte et froide. Bientôt un embouteillage nous contraint à passer la première. Je n'ai jamais fait d'entre filage et sur route mouillée la confiance me quitte. Quand j'aperçois dans le rétro un motard qui remonte. Je me laisse dépasser. Une Speed Triple bleue me semble évoluer à une allure raisonnable et je décide de le suivre. Je mets les warnings et le pilote parait comprendre que je profite de son expérience. Nous remontons ainsi les voitures jusqu'à ce qu'il quitte l'autoroute. J'aperçois alors des paquets d'une matière blanche entre les voies, puis sur les côtés. Il a neigé !! bon ... ce n'est pas tout mais l'heure tourne et je vais être à la bourre et la nuit tombe. Alors, malgré les mains gelées, et la route mouillée, j'accélère et je rejoins Nantes. Arrivée pile poil à 9h00 où je retrouve la super tribu Nantaise. La veste et le pantalon ont bien joué leur rôle anti-eau et les sacoches, bien que n'étant pas imperméables n'ont pas leur contenu détrempé.




Le lendemain, il fait beau et toutes mes affaires sont sèches. Le soleil brille et mon hôte en profite pour immortaliser ma venue. Il s'agit maintenant de rejoindre le sud. La route jusqu'à Bordeaux me parait morne mais le temps est clément. Le parfum des champs de colza me met du baume aux narines. La moto se révèle sobre et confortable. A Bordeaux, la pluie. Puis des embouteillages que, forte de l'expérience acquise la veille, je remonte prudemment. J'aborde les Landes : pays de vent, plat et droit. L'horizon est barré par une forêt sans âme. L'odeur piquante de la sève des pins me redonne néanmoins une peu d'énergie car la fatigue me harcèle. J'ai mal aux articulation : la trêve hivernale a été plus longue que je ne l'aurais souhaitée. Enfin, après une dernière halte, j'entame les derniers kilomètres. La pluie m'accompagne à nouveau, puis cède définitivement sa place aux rayons du soleil qui sèchent ma route pour mon arrivée à Pau.

Pour la remontée sur Nemours, je choisis de passer plus central. La route jusqu'à Tarbes est sans intérêt. Par contre, la N21 de Mirande à Larrazet se révèle parfaite pour confirmer mon attachement à ma moto. Je passe Montauban et remonte par la N20, mais le ciel menaçant et la tombée de la nuit me font opter pour l'autoroute encore une fois. Son tracé sinueux me laisser deviner de beaux paysages arides. A cet instant, je déplore les choix proposés par les sites internet routiers qui suggèrent systématiquement d'emprunter des voies payantes (l'A20 est gratuite sur une très grande partie de son tracé). Peu avant Brive, la pluie refait son apparition de façon violente. Il fait désormais nuit. Des panneaux indiquent que la chaussée est glissante par endroit. J'aperçois des viaducs dont la hauteur m'effraie. Je suis mal à l'aise sur ma moto qui poursuit fidèlement au rythme que je lui demande. Je décide alors de suivre une voiture dont l'allure me semble sécurisante et profite ainsi de son éclairage. Je me sens moins vraie, moins pure moins dure. De plus, mon homme doit s'inquiéter d'être sans nouvelles et je dois rentrer à bon port. Je quitte la route à Limoges et demande une chambre au premier hôtel. Je libère la moto des bagages, une douche et au lit.

Ce matin le ciel est couvert. Quelques gouttes de pluie tachent le bitume. Je dois être au bureau à 13 heures. Je fais le plein en essence et reprends l'A20. Sortie à Vierzon, juste avant la portion payante pour couper à travers la Sologne. Plate et droite. Pays de chasse où je crains de croiser du gros gibier à chaque instant. Rien à dire. Ça sent juste l'écurie. Le passage en réserve se fait juste devant la maison où je m'arrête après avoir parcouru exactement 300 kilomètres.

Fin d'un premier périple qui m'a permis de faire plus ample connaissance avec ma nouvelle monture et me donne envie d'en faire encore beaucoup d'autres.

(à suivre ...)

lundi 24 mai 2004

The Red One : premiers kilomètres

bon allez .... faut pas rigoler : maintenant je roule dans la cour des grands

P'tit coup de graisse sur la chaîne et en voit... euh ... à moto Simone !

Je ne dirai rien de ma balade d'hier : j'ai pas du tout assuré la navigation, et malgré une carte très précise, la DDE s'évertuant à ne jamais mettre le panneau du bled que l'on cherche, bref ... j'ai pas fait les petites routes prévues et j'ai rallongé d'environ 60 km par FLEMME de regarder la carte ! lol

Par contre, voilà : hier j'ai roulé sur ... 420 km ! 7 heures passées sur la selle (oui, je sais :rolleyes et plusieurs constats :
- je n'aime pas rouler vite, sauf en ligne droite (mais ça je le savais déjà ! lol), de toutes façons, au-delà de 140 ça devient difficile surtout avec le vent de face,
- la moto est un bonheur de confort (7 heures en selle c'est pas rien, et pas de bobo ni au postérieur, ni aux épaules, ni aux cervicales )
- conso moyenne inférieure à 4 l/100 km : faudra que les essayeurs m'expliquent à quelle vitesse ils font leurs essais (ou pitète qu'ils passent jamais la 6, ni même la 5 ....)

Bref, tout baigne

Seul bémol : 420 bornes pour un début c'est trop !! J'ai fini la route en tirant le levier d'embrayage (je dit pas une connerie là ?) avec tout le bras, la main étant devenue au fil des kil de plus en plus douloureuse.

Mais ce matin : je suis venue travailler avec la Rouge, j'suis contente.

jeudi 1 janvier 2004

Une si belle année ....

Il est dix heures ... la neige tombe à gros flocons sur la campagne endormie. Je me préparer un grand bol de thé. Le feu crépite. Le chien soupire et rêve ....

La maison est tranquille et je profite de ces premiers instants de calme de l'année ... de cette nouvelle année qui sur les bases de 2003 poussera plus douce et plus sereine.

Je vous souhaite de voir le bonheur qui traverse votre pré ... je vous souhaite d'en cueillir une minute ou une vie ....

Je vous souhaite une belle année ...

mardi 23 décembre 2003

Petit poème d'amitié ....

Je t'offrirais un pétale de bleuet
La rosée du matin sur les prés
L'herbe tendre du printemps
Si tu étais vivant

Je te donnerais l'odeur de l'orage
Le sel de mes larmes de rage
Le fracas de l'éclair sur la plaine
Si tu savais ma peine

Je te présenterais le soleil
Un sourire au goût de miel
La douceur de la lumière
Si tu étais sur cette terre

Je t'envoie dans la neige mon amour
Comme message sans retour
Je garde ton souvenir en vie
Voilà dix ans que tu es parti

Rozenn


merci d'avoir parsemé ma route de poussière d'or

vendredi 22 août 2003

Petit bonheur du jour

Ou l'histoire un peu banale d'une nana qui rentre du boulot à moto …

La route qui met une distance respectable entre ma maison et mon boulot est d'une rectitude et d'une platitude à faire pleurer un géographe, même amateur. Imaginez un plateau de chez Mac Do …. Prenez un scalpel et ôtez scrupuleusement toutes les petites cochonneries qui s'y trouvent et vous aurez une idée plus précise du truc.

Donc, le seul avantage de ce superbe ruban bitumineux étant de tailler les crampons de JoliDR au carré, je me suis dit : "C'est pas possible, non c'est pas possible : il doit bien y avoir une solution". Hop ! direction Michmapy sur le net et usage intensif de la fonction zoom.

Et je l'ai trouvé ! Un chemin admirable ondoyant entre les collines qui surplombent la vallée (enfin là j'exagère un peu, c'est pour la beauté du texte). Un petit bois pas trop giboyeux, deux charmants villages à traverser, et des virages à droite .. et même à gauche (mômaaaan …..!), de magnifiques courbes amples et lisses …

Fluidité …. sérénité ….

Après une petite demi-heure je suis arrivée à la maison le sourire aux lèvres et encore plus de soleil dans les yeux.

jeudi 20 mars 2003

JoliDR s'attaque à la Sologne par ZOne

Il était une fois un joli petit DR tout frais sorti de l'hiver (voir l'épisode précédent "C'était pas la bougie"), et qui voulait, du haut de ses 3300 premiers km, s'attaquer à la Sologne …

Nous voilà donc partis par une belle journée de mars 2003 de Châteauneuf sur Loire où mon amie S… nous avait si gentiment offert le couvert et le coucher. Le soleil est au rendez-vous mais la température est basse encore à dix heures. Les cyprès, neufs de leurs pousses de printemps, embaument l'air d'un parfum d'écorce d'orange.

La route commence donc sur les bords de la Loire, encore grosse en cette saison. La largeur du fleuve est impressionnante, mais l'eau cache les îlets et la vue est monotone. La lumière est crue et une vapeur blafarde brouille l'horizon. J'ai entendu parler d'un bijou de l'époque carolingienne. L'église de Germigny est vraiment très jolie et sa mosaïque exceptionnelle : l'Arche d'Alliance représentée me rappelle cependant qu'une guerre se prépare non loin d'ici. Je repars.

Direction Saint Benoît sur Loire, mais il faut prendre d'abord par Le Ménil à droite dès la sortie du village. On longe la Loire. Peu de voitures. Un vrai bonheur. La campagne ici n'est pas très belle …. A Saint-Benoît, prendre dès que possible la direction du port pour profiter au maximum de la Loire. Mais j'aperçois au loin les tours du château de Sully. J'y suis déjà venue. J'aime cet endroit. La ville mérite un petit tour. L'idéal est de garer sa moto devant la grille du château et d'en faire le tour. On traverse les douves par un pont de bois. Puis reprendre la route par la digue, qu'il ne faut pas hésiter à prendre en continuant en direction du camping.

Une quinzaine de kilomètres de route légèrement sinueuse en surplomb de la Loire. Un vrai régal pour les pneus ! Quelques plaques rappellent qu'il y a 150 ans l'eau est montée si haut que la digue a dû en être recouverte : vertigineux ! Quelques rapaces solitaires attirent mon regard vers l'horizon où j'aperçois les fourneaux de la centrale nucléaire de Dampierre. La levée s'arrête à cet endroit. Il faut prendre à route à gauche vers St Gondon. Puis Coullons. Curieusement la petite route qui longe l'Aquiaulne n'est pas "verdie" par le Bonhomme Michelin. Elle est pourtant bonne, bordée d'arbres et offre de belles courbes. On peut s'arrêter au bord d'un petit étang quelques kilomètres avant d'arriver à Coullons. Prendre "Autres directions" à gauche, puis Argent. La petite route de campagne vous emmène au milieu des prés. Ca sent l'herbe verte et les veaux. J'adore !

Dès l'entrée dans Argent, suivre la direction de l'Etang du Puits à droite après le rond-point. Arrivé sur l'Etang, prendre à gauche pour le contourner. Quelques gros lièvres traversent devant ma roue. Je redoute maintenant le gros gibier ! A Cerdon, prendre la route de Chaon. Je traverse une forêt qui semble calme mais dont le nombre de postes de chasse me fait penser que cette balade n'est pas possible de septembre à février. Chaon est un joli village tout en briques rouges. Je poursuis jusqu'à Souvigny pour une pause déjeuner. Le café-bar-hôtel-restaurant derrière l'église me propose une blanquette servie avec du riz trop cuit. J'ai faim ! et JoliDR aussi. Mais la "pompe" du village n'est pas en service et de toutes façons les prix sont prohibitifs.

Je repars vers Vannes. Prendre la direction d'Isdes et avant la sortie du village la "Route de Vannes" qui part à gauche. A Vannes, prendre la première petite route à gauche. Qui devient un chemin de terre !! Non tous-terrains s'abstenir ! JoliDR est tout excité à cette perspective … moi beaucoup moins. La piste plutôt bonne présente quelques trous .. un moment d'inattention à guetter les sangliers et les cerfs m'oblige à stabiliser avec les pieds. Du sable et le guidon devient dur à tenir. La moto se régale et en redemande. La piste est longue mais je décide de la continuer en traversant la première route rencontrée. Le chemin est plus forestier et moins bien entretenu mais j'ai appris la leçon : à moto on regarde devant soi et tant pis pour les grosses bêtes ! (pour les "routiers" prendre la variante qui économise 8 kilomètres)

Le Domaine du Ciran est fermé le mardi … Je visiterai donc le Château de la Ferté Saint Aubin. La route entre la Ferté et Olivet a de "vert" qu'elle est bordée de grosses propriétés. Mais nous ne sommes pas encore au printemps et je suis un peu déçue par la nature. Je fais le plein à Olivet. JoliDR confirme sa légendaire conso de chameau à environ 3 l. Le plus difficile ici est de récupérer la levée, c'est à dire la digue, qui doit m'emmener jusqu'à Jargeau par la rive droite. J'y parviens enfin. Le vent a forci. J'aimerais encore m'arrêter mais je souhaite rentrer avant le coucher du soleil. Je trouve la Loire plus belle que ce matin. La lumière du soleil descendant y est sans doute pour quelque chose. De nombreux panneaux indiquent voie sans issue, réservée aux cycles. Cela tombe bien, j'ai un (moto) cycle et les quelques barrières laissent un passage suffisant pour les motos ! De ce fait pas une voiture ne circule mais la chaussée n'est pas toujours très bonne. Des panneaux précisent que l'usage est toléré, aux risques et périls du voyageur.

Je traverse enfin la Loire pour remonter sur Pithiviers en suivant une route buissonnière. Je m'égare un peu pour cause de carte incomplète !! Mais JoliDR sent l'écurie et je me fie facilement à son instinct ! La fatigue se fait sentir et le soleil ne traverse pas les arbres Le site de l'Etang de la Vallée est agréable et la forêt beaucoup plus dense que dans le sud. Les routes sont de plus en plus droites. Et déjà j'aperçois la plaine. La maison est proche et je suis heureuse ! Heureuse de cette journée de soleil ! Heureuse de la bonne marche de ma fidèle monture après quelques mois d'hibernation. Heureuse d'avoir fait partie d'un beau paysage, de ses couleurs, de ses odeurs !

A suivre …

jeudi 9 janvier 2003

A toi le gendarme je voudrais présenter mes excuses ...

A toi le gendarme je voudrais présenter mes excuses ...
Je m'excuse d'avoir pris ma voiture hier à cause du froid …
Je m'excuse d'avoir voulu aller à Paris pour y retrouver mon Bill …
Je m'excuse d'avoir emprunté le périphérique …
Je m'excuse d'avoir respecté les distances de sécurité …
Je m'excuse d'avoir laissé la place belle aux motards qui remontaient les files (si si … pour ça aussi je m'en veux …)
Je m'excuse d'avoir bien regardé dans ladite place belle et de n'y avoir point vu de phare de moto …
… d'avoir mis mon clignotant pour indiquer à tous les usagers (j'ai bien dis tous) que je désirais simplement changer de file …
Je m'excuse d'ailleurs d'avoir voulu changer de file …
Je m'excuse de n'avoir pas anticipé que toi, représentant de l'ordre public, tu déboulerais dans la place belle à une vitesse très excessive …
Je m'excuse aussi auprès de ceux qui te suivaient de trop près …
Je m'excuse de ne pas avoir renoncé à ma manœuvre au risque de me faire emboutir par la voiture qui me suivait …
Je m'excuse de n'avoir pas compris les mots que tu as hurlé dans ton casque …
Je m'en veux d'exister …
Je m'excuse … mais merde …

mardi 17 septembre 2002

JoliDR dans les 17 de Milly par ZOne

17h20 – Je quitte le boulot et direction la maison par les … 17 de Milly !

Départ gentillet par Poligny. La route jusqu'à Nemours traverse la forêt. Ca sent bon le pin et la bruyère. Quelques virages sympathiques à droite à gauche à droite à gauche pour chauffer la gomme et me mettre en confiance.

Evitement de Nemours le plus possible, direction Darvault. A la sortie du village, à gauche sur Moncourt-Fromonville par la Basse Plaine. Le soleil est encore chaud et les champs bien dégagés. Je connais cette route par cœur …. Le 90 à gauche, dit "de l'Epingle à Linge" est négocié allègrement : ça passe ! Arriver à Moncourt par la fin du village, ressortir rapidement par le Tacot des Lacs et la route de Grez qui traverse le bois et longe les étangs. Il fait frais. Je récupère la N7 pour moins de cinq cents mètres vers Nemours, puis première à droite vers Villiers sous Grez. Toujours la forêt. Je prends de l'assurance à mesure que les courbes se resserrent. Traversée très rapide, JoliDR file sur Recloses.

Ca monte un peu, ça descend, quelques tournants plus loin, j'arrive à Recloses qu'il faut traverser de bout en bout mais le village est joli. Ressortir par la route de Fontainebleau jusqu'au rond-point de Recloses, prendre à gauche, puis traverse la N152. Route un peu rectiligne mais intégralement à l'abri de la haute frondaison des arbres. On est en pleine forêt domaniale de Fontainebleau : respect. Après avoir traversé la N152, on arrive à un petit carrefour au bout de la ligne droite. Prendre la route de Haute Borne à gauche. Cette route est interdite à tout véhicule sauf ayant-droits. Je me donne ce droit : j'ai des envies de liberté ! Etroite et bien goudronnée, en pleine nature et personne à cinq kilomètres à la ronde. Rouler sans faire de bruit … Une invitation à la paresse mais je dois rentrer … Après une longue portion rectiligne, la route amorce quelques petits virages assez serrés, d'une visibilité très réduite, alors que le revêtement se dégrade un peu. JoliDR passe sans encombre et je commence à aimer tourner ! Passage sous l'autoroute qui annonce la fin de cette voie. Prendre à droite la D64 pour entamer les fameux "Dix-sept de Milly" (lesquels n'ont de Milly que le nom puisqu'ils conduisent à Arbonne).

La légende s'offre enfin aux pneus de ma fidèle monture. Je rétrograde pour rester assez haut dans le rapport, pense à me servir du frein arrière en entrée de virage ; et en avant ! Je compte dix-neuf courbes plus ou moins serrées, si vite avalées que j'ai déjà envie de revenir … Je me dis qu'à cet endroit, nous sommes tous égaux et que, grosse cylindrée ou pas, la vitesse de cette croisière mouvementée doit être la même !

Je file sur Arbonne, puis Milly, je poursuis sur Malesherbes. La route est belle, mais le soleil éblouissant. Pour éviter Malesherbes, je prends la direction d'Orléans réservée aux camions. Au rond-point, à gauche toute pour traverser Roncevaux (et oui ! ici aussi !). La sortie est une petite grimpette bien virevoltante. Mais deux voitures m'empêchent de goûter à ce plaisir nouveau des "virolo-quand-tu-nous-tiens". L'une des deux nous lâchent quelques kilomètres plus loin, tandis que je commets l'impensable : je pousse JoliDR et double "mémère" en violant la ligne continue !

Il fait beau, encore chaud. J'ai de la lumière d'hier dans la tête et j'en veux encore ! J'aperçois la lune grossissante dans le ciel encore bleu, tandis que lui faisant face le soleil commence à embraser le ciel. Dans quelques jours la pleine lune se lèvera alors que le soleil se couche : je trouverai un point de vue bien dégagé pour ne pas rater le spectacle.

Voici la plaine de Puiseaux, traversé rapidement. Je me surprend à rêver à un gros cube … J'emprunte la route de Beaumont que je laisse pour entamer à droite un petit circuit moins lénifiant. Echilleuses puis Boësse, je poursuis sur le joli village de Gaubertin avant d'attaquer la descente sur Beaumont et huit virages qui n'ont rien à envier à d'autres beaucoup plus célèbres.

JoliDR a retrouvé son écurie après environ 90 kilomètres parcourus vaillamment en un peu plus d'une heure et demie. Il nous faut habituellement une vingtaine de minutes pour couvrir les 25 kilomètres qui me séparent du bureau, mais je ne regrette pas cette escapade buissonnière. Les pneus n'ont plus de picots … !

vendredi 13 septembre 2002

Petit poème d'au-revoir

Petit poème d'au revoir ...
Au petit matin mon amour est parti
A l'heure où l'été doucement finit.
D'un long baiser soyeux et tendre
Une belle journée je pouvais attendre.

Mon aimé, mon chevalier
Sur sa moto s'en est allé
Suivant le halo de son phare
Pour seul guide dans le brouillard

Mon amant, sombre cavalier
A laissé notre vie s'abandonner.
Au gré des route, au bord du fossé,
Notre amour s'est abîmé.

Demain mon homme ne dormira pas
Dans ce lit devenu trop grand ;
Et si l'on me devine des larmes là,
Je dirai que c'est le vent …

Rozenn

mercredi 14 août 2002

JoliDR : première virée en Bourgogne par ZOne

Il était une fois un joli petit DR tout frais sorti de son usine au Japon, et qui voulait, du haut de ses 250 premiers km, s'attaquer aux collines de Bourgogne …

Nous voilà donc partis une après-midi d'août 2002, vers le sud-est . La route commence à Beaumont du Gâtinais, aux confins de la Seine et Marne. Beaumont : sa gendarmerie, sa halle en châtaigner à greniers et sa très belle église romane.

Direction Montargis, en passant par Corbeilles : un peu plat, c'est roulant, ça réchauffe les mécaniques doucement mais sûrement. Il fait beau, pas trop chaud, j'ai le sourire aux lèvres et des rêves de liberté plein la tête. Puis vers le sud par la D93 : des courbes et peu de voitures … nous longeons le canal de Briare jusqu'à Rogny-les-7-Ecluses, où il est conseillé de s'arrêter un peu pour admirer l'œuvre.




Poursuivre sur Saint-Fargeau, et passer par le lac-réservoir du Bourdon. C'est calme, mais attention aux nombreux cavaliers. Une halte pour boire un verre chez Ginette (très kitch …). Poursuivre par la forêt qui conduit à Treigny, où l'on remonte à gauche vers Saint-Sauveur en Puisaye.

Emprunter la D93 direction Clamecy où, prudents, nous avons fait le plein de nos montures. Joli DR se montre parfaitement sobre : 160 km parcourus et à peine plus de 5 litres ! Mais DR est en rodage et je ne veux pas le brusquer : il s'agit également pour moi d'une première virée, et la route me fatigue, d'autant que j'ouvre la voie et ne veux pas nous perdre !

Il nous reste 25 km pour rejoindre Vézelay, la "colline éternelle", où nous avons réservé une chambre au Compostelle, petit hôtel sympathique à gauche en entrant dans le village (tél 03.86.33.28.63 – Le.Compostelle@wanadoo.fr - 2**, chambre double + 2 petits-dej : 52 EUR). Les motos sont rentrées dans la cour, la fenêtre donne sur le vieux bourg, et la salle des petits-déjeuners offre une belle vue sur la campagne.


Pour reposer mon fessier mis à rude épreuve sur la selle spartiate de Joli DR, petite promenade dans le vieux bourg. Dîner léger à l'auberge de la Coquille (menu à 15 EUR), en terrasse – et sous la pluie ! -, dans la rue principale montant à la basilique.

Le lendemain, après une nuit très calme (à Vézelay, les gens chuchotent pieusement …) et réparatrice, direction le sud encore par Saint-Père (village à voir), Bazoches, Pouques Lormes (préférer la D147 à la D958 qui lui est parallèle et permet de voir le château de Vauban), nous rejoignons Corbigny en passant devant le château de Villemolin.

Puis Chitry les Mines et Chaumot pour traverser le canal du Nivernais, plein sud vers Châtillon en Bazois en passant par l'Etang de Vaux. 8 ou 10 kilomètres plus loin, on repasse le canal au-dessus de quatre écluses. Il faut s'arrêter tout de suite à droite au Café "Sur Soleure", ancienne maison d'éclusier sur le chemin de halage. Choisir la table près de la dernière écluse, pour y déguster au choix, une salade de chèvre chaud ou un confit de canard. 70 km depuis Vézelay.



Traverser Châtillon en Bazois direction Nevers, puis bifurquer à gauche sur Alluy. Aux Ourgneaux, à gauche vers Saint-Honoré les Bains. On attaque la montagne. Prendre la direction Sanglier, passer La Queudre, poursuivre par Sanglier, Montjouan, puis Larochemillay. La route ne passe normalement pas par le village, mais le site est intéressant (par contre, le café est fermé jusqu'aux environs de 16h30 …). En cherchant un endroit dégagé pour faire des photos, nous avons emprunté quelques chemins vicinaux. Joli DR est à son aise, moi beaucoup moins. Ca monte, ça descend, ça tourne. Mais pas de circulation : un vrai bonheur !

Après Larochemillay, bien suivre sur Saint-Léger sous Beuvray (attention gravillons), puis la Grande Verrière pour rejoindre Autun. Un arrêt à la station service confirme le caractère dromadaire de Joli DR, toujours à une moyenne de 3l/100km ! J'ai envie d'une glace.

Il est 16 heures, nous venons de rouler 125 km sans halte. Nous décidons de déposer nos affaires dans notre chambre d'hôte avant d'aller tourner dans Autun. Madame Perrette nous accueille au château de Millery (3km nord d'Autun, route de Saint-Forgeot – tél. 03.85.52.18.51 – 3 épis) et nous offre une chambre spacieuse pour 49 EUR, 2 petits-dej' compris. Repos d'une petite heure, et en route pour de nouvelles photos dans la forêt de la Planoise.

Le couvert des arbres est trop frais et la fatigue se fait ressentir. Je tiens difficilement le cap. L'après-midi fût trop riche en erreurs de pilotage. Un rond-point "normal" à l'entrée d'Autun failli de me coûter la vie : alors qu'un chauffard arrivant de ma gauche forçait le passage, je refusais sa priorité à une autre voiture, laquelle me poursuivit pour que sa conductrice puisse m'insulter en pleine rue. Je l'ai remerciée de m'avoir épargnée. Maman j'ai peur, j'en ai marre, je veux rentrer. Pour se réconforter, dîner en ville au Relais des Ursulines, où nous dégustons en terrasse d'excellents œufs en meurette, spécialité de la région. Petites balade digestive le long des remparts, pour repasser la Porte romaine d'Arroux. Mais j'ai peur d'Autun et de ses automobilistes, je veux m'en aller vite.

Troisième jour, les nerfs sont fragiles. Cette première virée est épuisante, Joli DR faisant ce qu'il peut mais n'ayant pas encore atteint ses 800 premiers kilomètres. Je pense que je suis une cruche, que je n'y arriverai jamais - mais comment font les autres ? -. Au programme 300 km, mais sur des routes plus rapides. Direction Saulieu par Chissey en Morvan. La route grimpe un peu à nouveau. Nous pénétrons encore dans le Parc Naturel du Morvan. La région de Saulieu est agréable. Nous passons à côté de l'une des meilleures tables de France (mais chère ...) et poursuivons vers le Lac de Saint-Agnan.

Les virages sont de plus en plus pénibles. Je tire le frein et l'embrayage en plein virage… Je freine du pied et oublie de peser sur le repose-pied pour équilibrer Joli DR … Je bloque la roue arrière lors d'un rétrogradage mal négocié, comme tout le reste d'ailleurs. La campagne est belle mais je maudis la moto. Je n'arrive plus à trouver le point mort … Je ne regarde plus dans mes rétros … Mais je dois tracer la route, encore, et encore ….

Et longer le lac par la droite pour passer par Saint-Léger Vauban et Quarré les Tombes. Redescendre sur Avallon, puis Pontaubert pour rejoindre la N6 qui doit nous mener à Auxerre. La traversée de la route nationale dure plus que de raison. Les camions défilent à vive allure. Je cale. J'embraye n'importe quoi n'importe comment. Je démarre puis m'arrête subitement de peur de caler devant une voiture … Il fait trop chaud d'un seul coup. J'ai mal sur la selle, j'ai mal aux épaules.


Je prends enfin cette fichue route, et n'ai plus qu'une seule idée en tête : plus de stop, ni de bifurcation. La route secondaire tracée sur la carte ne me fait plus envie du tout. Je veux rentrer, et le plus vite possible. N'importe comment. Arcy sur Cure nous propose une halte pour le déjeuner. Le Café du Gué est accueillant avec ses géraniums au balcon. Je veux m'arrêter ici alors, et ne plus repartir. La salle est moche, la nourriture pas bonne. Les toilettes sont sales et le café amer. Rien ne va, je craque un peu. Mais dehors le soleil brille, et nous avons quitté la nationale trop dangereuse.

La route du retour sera raccourcie d'environ 40 kilomètres en passant par Mailly le Château et Molesmes. Station-service à Courson les Carrières. Nous passons à ... Ouanne et cela me donne du baume au cœur. La route se fait plus droite et rapide. Joli DR sent l'écurie. Toucy, Charny, Chateaurenard. Montargis nous offre une très forte averse, occasion pour moi d'étrenner ma combinaison de pluie ! Buée dans le casque, eau sur la visière, route glissante sous les pneus à crampons : les joies de la moto. Mais tout cela m'est égal, la maison n'est plus qu'à une vingtaine de kilomètres !


(à suivre ...)